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Ce matin, je me suis levée avec une envie terrible de partager ce que la vie m’apprend en ce moment.

J’ai 26 ans et j’ai fait mon droit, comme on dit, un parcours sans faute. Avocate en 7 ans, je n’ai jamais rien remis en question pendant ce parcours. J’avançais tête baissée dans mes partiels qui se succédaient. Quand j’ai obtenu le fameux sésame dit CAPA, il avait  un goût amer. C’est comme si j’avais fais tout ça sans réfléchir, sans me demander ce que je voulais vraiment faire de ma vie et de mon énergie au quotidien.

Une fois arrivée dans la vie d’avocate qu’on appelle active –entre nous, j’étais bien plus active étudiante – j’ai senti de l’ennui. J’étais devant mon PC à analyser tous ces textes de droit, à défendre  des entreprises avec qui j’avais échangé quelques mails au plus… Après 6 mois j’étais blasée, j’avais besoin de vibrer davantage dans mon métier au quotidien!

C’était pourtant un bon cabinet et je suscitais surement l’admiration de quelques-uns. J’avais updaté mon Linked In comme si je voulais dire aux autres « Ça y est j’ai réussi. ».

Cette illusion n’a pas duré longtemps. J’ai peut-être la chance d’être un peu rebelle à l’intérieur. Je ne voulais pas succomber au seul fantasme de se faire appeler Maître ou de porter la robe, ce que je cherchais -comme tout le monde je suppose-  c’est une activité qui me ressemble et dans laquelle je me sens utile tout en m’éclatant.

J’en profite pour révéler – contrairement à ce que pense l’opinion publique- que les jeunes avocats sont dans une situation précaires et ne roulent pas en Porshe. Bien au contraire ils travaillent environ 50h pour se voir verser à peine plus d’un SMIC en province.

Dans l’entre-deux je suis tombée amoureuse, et quand ma moitié m’a proposé de tout plaquer pour le suivre en Afrique, mon romantisme n’a pas hésité une seconde. C’était ça l’issue ! En deux semaines j’ai tout plaqué.

J’ai abandonné la robe et des fois je sens un peu de pitié dans le regard des gens. Parce que j’ai suivi mon copain que je vivais pendant une période à ses dépens. Ce n’était pas toujours évident d’avoir à assumer ce choix.
J’ai galéré un peu au début et je regardais les statuts des autres sur Linked in avec un peu de jalousie parfois parce que l’être humain a besoin de cette satanée reconnaissance sociale. Mais je me rappelle sans cesse à ce que je suis. N’écoute que ce que tu ressens. Ne fais rien parce qu’on attend de toi que tu le fasses. Sois-toi-même et n’oublie jamais tes convictions.

Aujourd’hui j’ai le sentiment de m’être émancipée de cette pression sociale et d’être plus en quête de mon propre épanouissement que d’une image sociale . Évidemment j’ai eu la chance d’être à l’abri du besoin et de pouvoir me poser ce genre de question. Je travaille désormais toujours dans le juridique mais je gère aussi les aspects de responsabilité sociétale qui consiste ( en gros) à gérer les impacts environnementaux de l’entreprise. J’ai de plus en plus envie de me tourner vers un métier de terrain.

J’encourage tout le monde mais surtout les jeunes à s’interroger sur leurs envies, sur ce qui les animent et de ne pas céder à la pression ( Des parents, des filières bouchées, des préjugés sur tel ou tel type de métier…). J’ai toujours pensé que si on est bon dans ce que l’on aime, on peut y arriver quelque soit le domaine…

Si on a déjà un emploi, on peut se poser la question de changer de voie si notre travail est pesant. J’ai vu de magnifiques reconversions autour de moi, notamment des diplômés de l’enseignement supérieur exerçant désormais un métier manuel ou artistique. Je trouve ça à la fois génial et courageux. J’ai beaucoup d’admiration pour ces personnes.

La culture française possède ce vilain défaut de penser qu’on doit de façon quasi-obligatoire travailler dans la branche dans laquelle on a étudié. C’est une grosse erreur et je rejoins nos amis britanniques ( est-ce que c’est encore nos amis ceux-là ?) pour lesquels étudier forme l’esprit, éveille la curiosité et l’apprentissage . Aujourd’hui je me sens apte à faire n’importe quel métier si on m’en transmet correctement les notions et les pratiques.

La vie est courte, tellement courte ! Je souhaite à chacun de pouvoir être heureux dans son travail.

 

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